Dr Richard Aimé TOSSOU
Dans un contexte où la création d’emplois, l’entrepreneuriat des jeunes et le développement des économies locales constituent des enjeux majeurs, il est peut-être temps de regarder certaines communes autrement. Non plus seulement à travers leurs difficultés, mais à travers les opportunités qu’elles offrent et les investissements qu’elles peuvent accueillir.
Lalo fait partie de ces territoires.
Située dans le département du Couffo, la commune possède un potentiel agricole important, une diversité de productions, des activités d’élevage, des possibilités de transformation, des marchés et surtout une jeunesse qui constitue une véritable force économique.
Pourtant, une question demeure : comment transformer ces atouts en investissements, en entreprises, en emplois et en revenus durables pour les populations ?
C’est là que se trouve probablement l’un des grands défis, mais aussi l’une des grandes opportunités de Lalo.
Le Dr Richard Aimé TOSSOU invite à regarder Lalo d’abord à travers ses propres richesses
Lorsqu’on évoque le développement d’une commune, le regard se porte souvent vers ce qui lui fait défaut : infrastructures, financement, équipements, emplois, entreprises.
Mais il faut également regarder ce qu’elle possède déjà.
À Lalo, la terre constitue une richesse. Les productions agricoles constituent une richesse. Les activités d’élevage constituent une richesse. Les marchés constituent une richesse. Les savoir-faire des populations constituent une richesse.
Et surtout, la jeunesse constitue une richesse humaine considérable.
Le véritable enjeu est donc de connecter ces différentes ressources pour créer une économie locale plus dynamique.
Une production agricole vendue brute crée une première valeur. La même production transformée, conditionnée, commercialisée et intégrée dans une véritable chaîne de valeur peut en créer beaucoup davantage.
C’est précisément dans cet espace que se trouvent les opportunités d’investissement.
Il appelle à repenser l’autonomisation de la commune par la valorisation des potentialités locales
Dans un contexte où les communes sont appelées à renforcer leur autonomie à travers une meilleure mobilisation de leurs ressources propres, le Dr Richard Aimé TOSSOU estime qu’une réflexion de fond doit également être engagée sur la manière dont les territoires valorisent les richesses dont ils disposent.
Pour lui, l’autonomisation d’une commune ne saurait reposer uniquement sur la mobilisation de ressources auprès des populations. Elle doit également s’appuyer sur la capacité du territoire à identifier, valoriser et transformer ses propres potentialités économiques, notamment ses ressources naturelles et agricoles.
À Lalo, cette question revêt une importance particulière.
La commune dispose de terres, de productions agricoles, d’activités d’élevage, de savoir-faire, de marchés et d’une jeunesse susceptible de participer pleinement à la création de valeur.
L’urgence, souligne-t-il, est donc de trouver des mécanismes permettant de transformer ces potentialités en véritables ressources économiques pour le territoire.
Car si la valorisation et la transformation de ces ressources sont délaissées au profit de mécanismes de mobilisation qui peuvent parfois mettre les citoyens en difficulté, cela ne saurait permettre à Lalo d’atteindre pleinement les ambitions que beaucoup nourrissent pour son développement.
Le Dr Richard Aimé TOSSOU invite ainsi les responsables locaux à inscrire davantage la valorisation du patrimoine économique et naturel de Lalo dans leur réflexion sur l’autonomisation de la commune.
L’objectif n’est pas d’opposer mobilisation des ressources propres et valorisation du potentiel local. Il s’agit plutôt de faire en sorte que la seconde contribue progressivement à renforcer la première, en créant des activités économiques, des entreprises, des emplois et de nouvelles sources de revenus pour la collectivité.
À ses yeux, une commune qui dispose de ressources naturelles et de potentialités économiques doit pouvoir chercher les moyens de les transformer en valeur durable pour son territoire et ses populations.
Investir dans Lalo, ce n’est pas seulement investir dans la terre
Il faut changer notre manière de penser l’investissement agricole.
Investir dans l’agriculture ne signifie pas uniquement produire.
C’est aussi investir dans :
- la transformation agroalimentaire ;
- le stockage et la conservation ;
- l’irrigation ;
- la mécanisation ;
- l’élevage ;
- l’aquaculture lorsque les conditions s’y prêtent ;
- la fabrication d’aliments pour animaux ;
- le conditionnement ;
- le transport ;
- la commercialisation ;
- les services agricoles.
Autrement dit, derrière chaque production se trouve une multitude de possibilités économiques.
Un investisseur qui regarde uniquement le produit agricole peut ne voir qu’une matière première.
Celui qui regarde toute la chaîne de valeur peut y voir une entreprise, des emplois et un marché.
Sur la jeunesse, le Dr Richard Aimé TOSSOU appelle à faire émerger une véritable force productive
Lalo possède une autre ressource essentielle : sa jeunesse.
Mais une jeunesse ne devient une force économique que lorsqu’elle dispose d’opportunités, de compétences, de moyens d’installation et de perspectives.
Il ne suffit donc pas de dire aux jeunes de retourner à la terre.
Il faut leur permettre de devenir des entrepreneurs agricoles et agroalimentaires.
Un jeune peut être producteur. Mais il peut aussi être transformateur, technicien d’irrigation, opérateur de machine, transporteur, commercial, gestionnaire de stock, fournisseur d’intrants ou prestataire de services agricoles.
Ainsi, le développement d’une seule filière peut générer plusieurs catégories d’emplois.
La question n’est donc pas seulement : comment trouver un emploi pour chaque jeune ?
Elle est aussi : comment créer les conditions permettant à des jeunes de devenir eux-mêmes créateurs d’emplois ?
Il propose d’organiser les jeunes autour des chaînes de valeur
C’est ici que doit se situer une nouvelle approche.
Plutôt que de multiplier des initiatives isolées, pourquoi ne pas organiser progressivement les jeunes autour de filières présentant de véritables perspectives économiques ?
Des groupes pourraient être structurés autour du maraîchage, du maïs, du manioc, de l’élevage, de l’aviculture, de la cuniculture, de la pisciculture, de la transformation ou encore des services agricoles.
Mais l’objectif ne devrait pas être de créer de simples regroupements.
Il faut créer des unités économiques capables de produire, de transformer et de vendre.
Le jeune doit pouvoir bénéficier d’un parcours cohérent :
formation → accès à la terre → financement → équipement → production → transformation → commercialisation.
C’est cette continuité qui peut faire passer un jeune du statut de demandeur d’emploi à celui d’entrepreneur et, demain, d’employeur.
Le Dr Richard Aimé TOSSOU plaide pour que davantage de valeur reste sur le territoire
Lalo produit. Mais la question essentielle est de savoir quelle part de la valeur créée par ces productions reste effectivement dans la commune.
Lorsqu’un produit quitte le territoire sous forme brute, une grande partie des activités économiques qui pourraient l’accompagner quitte également le territoire.
À l’inverse, lorsque le produit est transformé localement, de nouveaux emplois apparaissent.
Prenons simplement le cas du manioc.
Entre le producteur, le transformateur, le fabricant d’emballages, le transporteur, le commerçant et le distributeur, plusieurs activités peuvent être créées autour d’un même produit.
La même logique peut être appliquée à d’autres productions.
L’enjeu n’est donc plus seulement de produire davantage, mais de faire davantage avec ce que nous produisons déjà.
Il invite les dirigeants locaux à faire de la valorisation du terroir un axe de l’autonomisation
Pour le Dr Richard Aimé TOSSOU, la question de l’autonomisation de Lalo doit ainsi dépasser la seule logique de recherche de ressources supplémentaires auprès des citoyens.
La mobilisation des ressources propres demeure nécessaire au fonctionnement d’une collectivité. Mais elle gagne à être accompagnée d’une politique permettant au territoire de créer davantage de richesses à partir de ce qu’il possède déjà.
C’est pourquoi il estime urgent que les responsables de la commune, au premier rang desquels les dirigeants locaux, commencent à réfléchir à des mécanismes concrets de valorisation des potentialités disponibles.
Les ressources naturelles, les productions agricoles, l’élevage, les possibilités de transformation, les savoir-faire et les autres atouts du territoire ne devraient pas seulement être considérés comme des éléments du patrimoine local. Ils peuvent également devenir des bases économiques capables de générer de la valeur.
Car lorsque la transformation de ces ressources est délaissée au profit de mécanismes de mobilisation qui peuvent, dans certaines situations, accroître les charges pesant sur les citoyens, la commune risque de passer à côté d’une partie importante de son potentiel économique.
Pour lui, l’enjeu n’est donc pas de multiplier les sollicitations à l’endroit des populations, mais aussi de créer les conditions permettant au territoire de produire davantage de richesses par lui-même.
C’est à cette condition que l’autonomisation peut progressivement prendre tout son sens : une commune capable de mobiliser ses ressources, mais également de valoriser ses potentialités, de stimuler l’investissement, de créer des emplois et de générer de nouvelles sources de revenus.
Un territoire à rendre plus attractif pour les investisseurs
Les investisseurs recherchent des matières premières, des marchés, de la main-d’œuvre, des infrastructures et un environnement favorable aux affaires.
Lalo possède déjà plusieurs de ces éléments.
Il reste à mieux les organiser, à les rendre visibles et à construire autour d’eux des projets suffisamment structurés pour attirer les capitaux privés et les partenariats.
Pourquoi ne pas envisager, à terme, des espaces dédiés à la transformation agroalimentaire ?
Pourquoi ne pas encourager des unités de stockage et de conditionnement ?
Pourquoi ne pas attirer des entreprises spécialisées dans la transformation des produits agricoles ?
Pourquoi ne pas développer des partenariats autour de l’irrigation, de la mécanisation ou des services agricoles ?
Pourquoi ne pas faire de certaines productions locales de véritables marques commerciales ?
Lalo doit être présentée non seulement comme une commune agricole, mais comme un territoire d’opportunités.
Aux décideurs : le Dr Richard Aimé TOSSOU invite à regarder Lalo comme un territoire d’investissement
Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer.
L’enjeu n’est pas de tout faire à la place des acteurs locaux, mais de créer un environnement permettant aux initiatives de se développer.
Les investissements dans les routes, l’énergie, l’eau, les infrastructures de stockage, les équipements de transformation et la formation professionnelle peuvent avoir un effet multiplicateur sur l’économie locale.
Une infrastructure bien pensée peut faciliter la production.
Une unité de transformation peut créer des emplois.
Un système d’irrigation peut permettre une production régulière.
Un dispositif de financement peut permettre à des jeunes de s’installer.
Une bonne organisation des producteurs peut sécuriser l’approvisionnement d’une entreprise.
Chaque investissement structurant peut ainsi entraîner plusieurs autres activités.
Aux investisseurs : Lalo mérite d’être regardée autrement
Le message doit également s’adresser au secteur privé.
Investir dans une commune comme Lalo ne doit pas être perçu uniquement comme une action sociale.
C’est aussi une possibilité de construire des activités économiques autour de ressources locales disponibles.
Les opportunités peuvent se situer dans la production, mais également dans la transformation, le stockage, le transport, les services agricoles, l’élevage, la commercialisation et d’autres activités connexes.
L’investisseur n’a pas nécessairement besoin d’arriver avec une activité totalement étrangère au territoire.
Il peut partir de ce que le territoire possède déjà.
C’est souvent là que naissent les projets les plus cohérents avec les réalités locales.
Le Dr Richard Aimé TOSSOU appelle à une ambition collective pour Lalo
Pour que cette vision devienne réalité, il faudra cependant plus que des discours.
Il faudra une stratégie.
Une stratégie qui identifie les filières porteuses, les besoins en infrastructures, les espaces disponibles, les compétences, les marchés et les possibilités d’investissement.
Il faudra également une meilleure coordination entre la commune, les jeunes, les producteurs, les entrepreneurs, les institutions financières, les structures techniques, les chercheurs et les partenaires au développement.
Il ne faut plus penser les projets les uns à côté des autres. Il faut les penser comme les maillons d’une même économie locale.
Lalo possède déjà une partie de la réponse
La commune n’a peut-être pas besoin de chercher ailleurs toutes les bases de son développement.
Une partie de ces bases est déjà présente sur son territoire.
Des terres.
Des productions.
Des marchés.
Des savoir-faire.
Une jeunesse.
Des possibilités de transformation.
Ce qui manque surtout, c’est de mieux connecter ces ressources, de mieux les organiser et de créer les conditions permettant aux investissements de les valoriser.
Le défi est donc moins de chercher une vocation à Lalo que de révéler et structurer celle qu’elle possède déjà.
L’agriculture peut nourrir la population. Mais elle peut aussi nourrir une économie locale.
Elle peut créer des entreprises.
Elle peut créer des emplois.
Elle peut retenir les jeunes.
Elle peut attirer des investisseurs.
Elle peut générer de la valeur.
Le Dr Richard Aimé TOSSOU invite à faire regarder Lalo autrement
Il est temps que Lalo soit davantage perçue non seulement comme une commune à accompagner, mais comme un territoire dans lequel il est possible d’investir.
Aux jeunes, il faut donner les moyens d’entreprendre.
Aux investisseurs, il faut montrer les opportunités.
Aux décideurs, il faut présenter les potentialités et les besoins structurants.
Aux populations, il faut redonner confiance dans la capacité de leur territoire à produire de la richesse.
Lalo possède des potentialités. Lalo possède une jeunesse. Lalo possède des marchés.
La véritable question n’est donc plus de savoir si la commune dispose de ressources.
La question est de savoir si nous saurons les transformer en investissements, en entreprises, en emplois et en richesse.
Et si nous décidions, collectivement, de faire de Lalo non plus seulement une terre qui produit, mais un territoire qui entreprend, qui transforme et qui crée de la valeur ?
L’opportunité est là. Il appartient maintenant aux décideurs, aux investisseurs et à la jeunesse de la saisir.

















