L’attiéké, ce couscous de manioc fermenté emblématique de la Côte d’Ivoire, figure désormais au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Plus qu’un aliment de base, il incarne un héritage culturel et un pilier de la vie sociale et économique des Ivoiriens.
Surnommé « couscous ivoirien », l’attiéké est généralement consommé avec du poisson grillé et occupe une place centrale lors de cérémonies importantes comme les mariages, les baptêmes et les funérailles. Transmis de génération en génération, son savoir-faire artisanal est principalement porté par les femmes, jouant un rôle essentiel dans leur autonomisation économique.
Le processus de fabrication est complexe : la racine de manioc est pelée, râpée, fermentée, pressée, séchée, puis cuite à la vapeur. Cet aliment populaire, vendu sur les marchés locaux, constitue un lien intergénérationnel et un élément clé de l’identité ivoirienne.
Cette inscription à l’Unesco reflète également une volonté de protéger ce patrimoine face aux controverses, comme celle de 2019 où la victoire d’une Burkinabè au Salon de l’agriculture d’Abidjan avait suscité des débats sur l’origine de l’attiéké. Depuis, des mesures ont été prises pour en garantir l’authenticité, à l’image de la création d’une marque collective par l’Organisation régionale africaine de la propriété intellectuelle.
En intégrant le patrimoine de l’Unesco, l’attiéké est reconnu non seulement pour sa saveur, mais aussi pour ses bienfaits sociaux, culturels et économiques pour la communauté ivoirienne et au-delà.