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Ali Khamenei tué dans des frappes américano-israéliennes : la disparition du Guide suprême ouvre une ère d’incertitudes majeures pour l’Iran et le Moyen-Orient

La télévision d’État iranienne a confirmé, dimanche à l’aube, la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, survenue la veille à Téhéran à l’âge de 86 ans. Le Guide suprême de la République islamique aurait été tué le samedi 28 février lors d’une opération militaire conjointe menée par Israël et les États-Unis contre des cibles stratégiques iraniennes.

L’annonce, faite à 5 heures locales (1 h 30 GMT), intervient au lendemain d’intenses bombardements ayant visé plusieurs installations militaires et nucléaires du pays. Dans la foulée, les Gardiens de la révolution ont promis un « châtiment sévère » aux responsables de l’attaque.

Une mort confirmée après une escalade militaire sans précédent

Quelques heures avant l’officialisation par Téhéran, des sources israéliennes avaient annoncé la mort du Guide suprême, information ensuite confirmée par le président américain Donald Trump. Ce dernier a évoqué « la plus grande opportunité pour les Iraniens de reprendre leur pays », dans un message adressé directement au peuple iranien.

Selon plusieurs déclarations américaines antérieures, Washington affirmait connaître précisément la localisation du dirigeant iranien, tout en assurant ne pas vouloir l’éliminer « pour l’instant ». La frappe ayant visé son quartier de résidence à Téhéran s’inscrivait dans une campagne aérienne présentée comme « préventive » et destinée à neutraliser le programme nucléaire iranien.

Un religieux devenu homme fort de la République islamique

Né en juillet 1939 à Mashhad, dans une famille de religieux azéris, Ali Khamenei s’oriente très tôt vers les études théologiques. À Qom, haut lieu du chiisme iranien, il devient disciple de Ruhollah Khomeini, futur fondateur de la République islamique.

Engagé dès les années 1960 dans l’opposition islamique au régime du chah Mohammad Reza Pahlavi, il est arrêté à plusieurs reprises avant la révolution de 1979. Après le retour triomphal de Khomeini et l’instauration de la théocratie, sa carrière politique s’accélère.

Victime d’un attentat en 1981 qui le laisse partiellement paralysé du bras droit, il est élu la même année président de la République islamique à seulement 41 ans, en pleine guerre Iran-Irak.

À la mort de Khomeini, le 3 juin 1989, l’Assemblée des experts le désigne comme Guide suprême, malgré une légitimité religieuse jugée insuffisante par certains clercs. Devenu ayatollah dans des circonstances controversées, il consolide progressivement son autorité grâce à des amendements constitutionnels renforçant le principe du velayat-e fakih (primauté du religieux sur le politique).

Concentration des pouvoirs et stratégie de confrontation

Durant plus de trois décennies, Ali Khamenei concentre l’essentiel des leviers institutionnels : commandant en chef des forces armées, arbitre ultime de la politique étrangère et sécuritaire, valideur de l’élection présidentielle et nommateur des principaux responsables judiciaires et militaires.

Sous son autorité, l’Iran adopte une ligne dure vis-à-vis des États-Unis et d’Israël, tout en étendant son influence régionale à travers ce que Téhéran appelle « l’axe de la résistance », de Bagdad à Beyrouth, en passant par Damas et Sanaa.

Le dossier nucléaire devient l’un des axes majeurs de son règne. Après des années de tensions et de sanctions, il donne en 2015 son aval à l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, avant que le retrait américain décidé en 2018 par Donald Trump ne ravive les hostilités. L’Iran accélère alors son enrichissement d’uranium, atteignant des niveaux inédits.

Contestations internes et isolement international

Malgré son autorité institutionnelle, Ali Khamenei a régulièrement fait face à une contestation populaire d’ampleur : mouvement étudiant de 1999, Mouvement vert de 2009, protestations économiques de 2017 et 2019, puis soulèvement déclenché en 2022 après la mort de Mahsa Amini.

Ces crises successives ont fragilisé l’image du régime, notamment auprès d’une jeunesse en rupture avec la théocratie. Parallèlement, l’isolement diplomatique de l’Iran s’est accentué, malgré des rapprochements ponctuels avec la Russie et la Chine.

Une disparition aux conséquences géopolitiques majeures

La mort d’Ali Khamenei survient dans un contexte régional explosif, marqué par des affrontements indirects entre l’Iran et Israël, la fragilisation de ses alliés régionaux et une pression internationale accrue sur son programme nucléaire.

Son décès ouvre une période d’incertitude institutionnelle majeure. La question de sa succession, hautement sensible, pourrait provoquer des rivalités internes au sommet du régime. Sur le plan international, l’avenir du dossier nucléaire et la stabilité du Moyen-Orient apparaissent plus incertains que jamais.

Après trente-sept ans à la tête de la République islamique, Ali Khamenei laisse derrière lui un pays profondément marqué par l’autoritarisme, les sanctions économiques et les tensions géopolitiques, dont l’évolution dépendra désormais de l’équilibre des forces internes et des choix stratégiques de ses successeurs.

Auteur

Firmin SOWANOU

Firmin SOWANOU

Directeur de Publication KAFOWEB

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