L’indignation numérique ne saurait se substituer à la légalité. Dans un communiqué aux accents de rappel à l’ordre, le Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance vient de lever le voile sur les dérives de l’ONG « Valeur Albinos » à Abomey-Calavi, mettant en lumière la frontière ténue entre élan de solidarité et infraction pénale.
Le revers de la médaille numérique
Tout part d’une séquence vidéo, de celles qui inondent désormais nos écrans pour solliciter l’émotion et le portefeuille des internautes. Une créatrice de contenus y exposait la situation de détresse d’un centre d’accueil pour enfants albinos, lançant un appel vibrant à la générosité publique. Si l’intention affichée semblait louable, l’enquête de terrain menée par une mission conjointe associant le Ministère, le Parquet et la Sécurité Publique a révélé une réalité bien moins reluisante. Non seulement les installations ne répondent pas aux normes sécuritaires et sanitaires exigées pour la protection des mineurs, mais la structure opérait en marge de tout cadre légal.
La loi, rempart contre l’exploitation de la vulnérabilité
Le verdict administratif est sans appel : la charité ne donne pas tous les droits. En s’appuyant sur l’article 84 de la loi n° 2025-19 du 22 juillet 2025, les autorités rappellent qu’un appel public à la générosité est strictement réservé aux associations reconnues d’utilité publique et dûment autorisées par décret. En l’espèce, l’ONG « Valeur Albinos » a gravement manqué à ses obligations. Au-delà de l’aspect financier, le Ministère fustige une mise en scène de la précarité qui porte atteinte à la dignité des enfants vulnérables et fragilise l’image du système de protection sociale béninois.
Vers une responsabilité accrue des acteurs de la communication
L’heure n’est plus aux simples avertissements. Des procédures légales sont désormais engagées contre les responsables du centre et les relais médiatiques de cette opération illégale. Ce dossier résonne comme un avertissement solennel adressé aux influenceurs et acteurs du numérique : le traitement de sujets sensibles liés à l’enfance exige une rigueur éthique que le simple désir de visibilité ne peut occulter. Pour le citoyen désireux d’aider, la consigne est claire : la solidarité doit emprunter les canaux officiels pour garantir que chaque franc CFA parvienne réellement à ceux qui en ont besoin, dans le respect de leurs droits fondamentaux.



















