Ce qui devait être le couronnement d’une carrière diplomatique s’est transformé en un véritable revers pour l’ancien président sénégalais. La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), bien que portée avec ambition, se heurte désormais à des obstacles insurmontables. L’impasse est diplomatique, mais elle est surtout politique, scellée par un désaveu sans précédent venu à la fois du continent africain et de son propre pays.
Le premier acte de cette débâcle s’est joué au sein même de l’Union Africaine (UA). Alors que Macky Sall espérait un ralliement unanime derrière sa figure de « sage africain », son nom a cristallisé des tensions latentes. Plus d’une vingtaine d’États membres ont formellement contesté sa légitimité à porter la voix du continent sur la scène mondiale. Cette fronde s’explique en partie par le souvenir encore vif de la fin de son second mandat à Dakar, marqué par des soubresauts démocratiques et une répression contestée. Pour ces pays, la candidature de Macky Sall n’incarnait plus le renouveau démocratique ou la stabilité que l’Afrique souhaitait projeter à New York. L’UA a donc échoué à faire de lui son candidat de consensus, le privant d’un levier essentiel pour cette compétition de haut niveau.
Le coup de grâce, le plus cinglant peut-être, est venu de Dakar. Le nouveau président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, dont l’accession au pouvoir a marqué une rupture nette avec l’ère Sall, a officiellement rejeté la candidature de son prédécesseur. Un tel désaveu « de chez soi » est rédhibitoire à l’ONU : la coutume diplomatique veut que pour espérer un poste d’une telle envergure, un candidat doive bénéficier du soutien plein et entier de son pays d’origine. En s’opposant à cette ambition, Bassirou Diomaye Faye envoie un signal fort : Macky Sall ne représente plus le Sénégal, ni ses valeurs, ni son futur. Ce « non » ferme du pouvoir sénégalais isole totalement Macky Sall, lui ôtant toute crédibilité sur la scène internationale.
Désormais, l’impasse est totale. Sans le soutien de son pays et face à une Union Africaine divisée, la candidature de Macky Sall apparaît comme une « candidature fantôme », une ambition qui n’a plus de base réelle. Alors que la course à la succession d’António Guterres se poursuit, l’ex-président se retrouve dans une position d’isolement diplomatique et politique. Les chancelleries occidentales, un temps intéressées par son profil, observent ce rejet massif avec pragmatisme, sachant qu’un candidat aussi contesté chez lui et sur son continent n’a aucune chance de rassembler au niveau mondial. Le rêve onusien de Macky Sall semble s’être brisé sur l’autel d’une double défiance, continentale et nationale.

















