Les autorités sanitaires béninoises passent à l’offensive contre les produits cosmétiques à risques. Dans un communiqué officiel en date du 5 mai 2026, l’Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé annonce l’interdiction formelle de commercialisation et d’utilisation de douze produits dépigmentants identifiés comme dangereux pour la santé des populations.
Cette décision intervient dans un contexte où les pratiques de dépigmentation connaissent une forte expansion, notamment en raison de la recherche d’un teint plus clair, souvent encouragée par des standards esthétiques persistants. Face à cette tendance, l’ABMed entend rappeler que ces produits, bien que populaires, présentent des risques sanitaires majeurs souvent ignorés ou minimisés par les consommateurs.
Selon le communiqué, les produits visés contiennent des substances chimiques prohibées susceptibles d’altérer profondément la peau. En fragilisant la barrière cutanée, ils exposent les utilisateurs à de nombreuses complications, notamment des infections répétées, des troubles pigmentaires irréversibles et des lésions cutanées graves. Dans certains cas, ces atteintes peuvent évoluer vers des cancers de la peau, ce qui renforce la gravité de la situation.
La liste des produits désormais interdits est clairement établie. Elle comprend notamment Epiderm Crème, Dermaclair, Movate, Caro Light, Clobetaderm White Cream, Coco Pulp, Fair & White, Dermovate, Skin Light, Rapid Clair, Abidjanaise et Glutanex Injectable. Ces produits, largement diffusés sur les marchés formels et informels, sont particulièrement prisés pour leurs effets éclaircissants rapides, au détriment de la santé des utilisateurs.
Au-delà de l’interdiction, l’ABMed appelle à une mobilisation collective. Le Directeur général de l’institution, Dr Yossounon Chabi, invite les populations à respecter strictement les dispositions prises et à faire preuve de vigilance. Il exhorte également les citoyens à signaler toute commercialisation de ces produits interdits, en mettant à leur disposition un numéro de contact ainsi qu’un dispositif de signalement en ligne.
Cette mesure met en lumière un enjeu crucial de santé publique au Bénin : la régulation du marché des produits cosmétiques et la lutte contre les substances nocives. Elle souligne également l’urgence de renforcer les actions de sensibilisation afin d’informer davantage les populations sur les dangers liés à l’usage des produits dépigmentants.
En prenant cette décision, les autorités sanitaires béninoises envoient un message sans équivoque : la recherche d’un idéal esthétique ne doit en aucun cas compromettre la santé. Plus qu’une simple interdiction, il s’agit d’un appel à un changement de mentalité, en faveur de pratiques plus responsables et respectueuses du bien-être des citoyens.


















