La Cour constitutionnelle du Bénin célèbre ce dimanche 7 juin 2026 le trente-troisième anniversaire de son installation officielle. Trente-trois années au cours desquelles cette haute juridiction s’est imposée comme l’un des piliers essentiels de l’État de droit, de la stabilité institutionnelle et de la préservation des acquis démocratiques issus du Renouveau démocratique.
L’histoire de la Cour constitutionnelle est intimement liée à celle de la transition démocratique amorcée à la suite de la Conférence nationale des forces vives de la Nation de février 1990. Avant sa création en 1993, le Haut Conseil de la République, présidé par feu Monseigneur Isidore de Souza, avait assuré les fonctions de contrôle et d’orientation de la transition, tout en contribuant à l’édification des nouvelles institutions républicaines.
Depuis son avènement, la Cour constitutionnelle est investie d’une mission fondamentale : garantir le respect de la Constitution, protéger les droits et libertés fondamentaux des citoyens, veiller à la régularité des consultations électorales et arbitrer les différends relatifs au fonctionnement des institutions de la République. À travers ses nombreuses décisions, parfois saluées, parfois controversées, elle a profondément marqué l’évolution politique et juridique du Bénin, contribuant à forger la réputation du pays comme l’une des démocraties les plus dynamiques du continent africain.
Au cours de ces trente-trois années d’existence, sept personnalités se sont succédé à la tête de cette prestigieuse institution, chacune apportant sa vision, son expérience et son empreinte à l’édifice constitutionnel béninois.
Première présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Élisabeth Kayissan Pognon (1993-1998) demeure une figure emblématique du Renouveau démocratique. Magistrate respectée, elle a posé les fondements de l’autorité morale et juridique de l’institution, tout en veillant à asseoir sa crédibilité auprès des citoyens et des acteurs politiques.
Elle fut remplacée par Mme Conceptia Ouinsou (1998-2008), ancienne ministre, professeure de droit et première femme titulaire d’une chaire universitaire de droit au Bénin. Ses deux mandats ont été marqués par une rigueur intellectuelle reconnue et une volonté constante de renforcer l’indépendance de la juridiction constitutionnelle.
De 2008 à 2013, Me Robert Dossou, avocat de renom et acteur majeur de la vie publique béninoise, a dirigé l’institution. Son passage à la présidence de la Cour a contribué à accroître sa visibilité sur la scène nationale et à consolider son rôle dans l’arbitrage des questions politiques et institutionnelles.
Le Professeur Théodore Holo (2013-2018), ancien ministre et universitaire émérite, a ensuite conduit la Cour durant une période marquée par d’importants enjeux institutionnels. Son mandat a notamment été caractérisé par plusieurs décisions de portée majeure dans la vie politique nationale.
Le Professeur Joseph Djogbénou (2018-2022) a, pour sa part, présidé la haute juridiction dans un contexte de réformes électorales et institutionnelles. Juriste reconnu et ancien garde des Sceaux, il a quitté ses fonctions en 2022 pour poursuivre un engagement dans la sphère politique.
À sa suite, Razaki Amouda Issifou (2022-2023), magistrat chevronné, ancien maire et ancien député, a assuré la présidence de la Cour durant une période relativement courte. Avec seulement dix mois à la tête de l’institution, son mandat demeure le plus bref de l’histoire de la juridiction.
Depuis 2023, la Cour constitutionnelle est présidée par le Professeur Cossi Dorothé Sossa. Ancien ministre, ancien secrétaire permanent de l’OHADA et éminent juriste, il incarne aujourd’hui la continuité institutionnelle et l’expertise juridique. Sous sa conduite, la haute juridiction poursuit sa mission de gardienne de la Constitution et de garante de l’équilibre institutionnel dans un contexte marqué par de nouveaux défis démocratiques.
À l’occasion de ce trente-troisième anniversaire, la Cour constitutionnelle apparaît plus que jamais comme une institution centrale de l’architecture républicaine béninoise. Héritière de l’esprit de la Conférence nationale, elle demeure un symbole de la primauté du droit, du respect des principes démocratiques et de la permanence de l’État au service des citoyens.
Firmin SOWANOU

















