Coupures d’électricité, factures de carburant pour les groupes électrogènes, zones rurales non raccordées : de plus en plus d’entreprises, d’institutions et de particuliers se tournent vers le solaire. Mais entre le devis d’un installateur et une installation qui fonctionne vraiment pendant des années, il y a une étape trop souvent négligée : l’étude. Explications avec l’exemple d’ICRED Mali, bureau d’études spécialisé à Bamako.
Le solaire, une évidence au Mali… à condition de bien le faire
Avec son ensoleillement abondant tout au long de l’année, le Mali dispose d’un potentiel solaire considérable. Pour une entreprise, le photovoltaïque permet de réduire sa dépendance au réseau et aux groupes électrogènes. Pour une commune rurale, il peut alimenter une pompe à eau là où aucune ligne électrique n’arrive. Pour une institution, il garantit la continuité de service pendant les délestages.
Pourtant, nombreuses sont les installations qui déçoivent : batteries hors d’usage après quelques mois, onduleurs qui disjonctent, production insuffisante pour couvrir les besoins réels. Dans la grande majorité des cas, le problème ne vient pas du matériel en lui-même, mais d’un mauvais dimensionnement ou d’un choix technique inadapté.
Première étape : connaître précisément ses besoins
Tout projet solaire commence par une question simple en apparence : combien d’énergie consommez-vous, et à quels moments ? Un bureau qui fonctionne principalement en journée n’a pas les mêmes besoins qu’un hôtel, un centre de santé qui doit conserver des vaccins au froid, ou une usine avec des moteurs puissants au démarrage.
Le bilan énergétique consiste à recenser les équipements, leur puissance, leur durée d’utilisation et les pics de consommation. C’est la base de tout. Un installateur qui propose un devis sans avoir posé ces questions devrait éveiller la méfiance.
Deuxième étape : choisir le bon type d’installation
Il existe plusieurs grandes familles de systèmes solaires, et le choix dépend de la situation de chacun.
Le système autonome fonctionne sans réseau électrique. Il associe panneaux, onduleur et batteries pour stocker l’énergie de la journée. C’est la solution des zones isolées, mais elle exige un stockage bien dimensionné, qui représente souvent une part importante du coût.
Le système hybride combine le solaire avec une autre source, le réseau électrique ou un groupe électrogène. Le solaire couvre une grande partie des besoins, et l’autre source prend le relais quand c’est nécessaire. C’est une option très répandue pour les entreprises et les institutions en ville. ICRED a par exemple réalisé l’hybridation au solaire du réseau électrique du bureau de la SNV à Bamako.
Enfin, les centrales de grande puissance, raccordées au réseau national, relèvent d’une tout autre échelle : elles nécessitent des études de faisabilité approfondies, techniques, économiques et environnementales.
Troisième étape : l’étude de faisabilité
Pour les projets d’envergure, l’étude de faisabilité est incontournable. Elle permet de vérifier que le site convient (surface disponible, nature du sol, accès, ombrage), d’estimer la production attendue, de chiffrer l’investissement et la rentabilité, et d’évaluer les impacts environnementaux et sociaux.
ICRED Mali en a conduit plusieurs de grande ampleur. Le bureau a notamment réalisé l’étude de faisabilité d’une centrale solaire de 100 MWc associée à 100 MW de stockage, sur un site de 240 hectares à Gongasso, dans la région de Sikasso, ainsi que l’étude de faisabilité technique, économique et environnementale d’une centrale photovoltaïque de 50 MWc à San–Bienso. Ce type de mission exige de croiser des compétences en génie électrique, en topographie, en génie civil et en environnement, que l’on retrouve rarement chez un simple installateur.
Quatrième étape : se faire accompagner pendant les travaux
Une bonne étude ne suffit pas si l’installation est mal réalisée. Qualité des fixations, section des câbles, protections électriques, ventilation des batteries : les détails comptent. C’est pourquoi de nombreux maîtres d’ouvrage choisissent de se faire représenter par un bureau d’études pendant le chantier.
Cette mission de maîtrise d’ouvrage déléguée ou de contrôle permet au client de s’assurer que ce qui est installé correspond à ce qui a été prévu et payé. ICRED a assuré ce rôle pour FGSP S.A., dans le cadre d’un système photovoltaïque à Hamdallaye ACI 2000, à Bamako.
Le solaire au service de l’eau potable
L’une des applications les plus utiles du solaire au Mali concerne l’accès à l’eau. Une pompe solaire permet d’exploiter un forage sans carburant, avec des coûts d’exploitation réduits pour les communautés qui la gèrent.
Encore faut-il que le forage soit bien implanté et que le système soit correctement dimensionné par rapport au débit disponible et aux besoins des habitants. Avec HELVETAS, dans le cadre du projet JIKURA, ICRED a participé à la réalisation de 34 forages et de 41 systèmes d’adduction d’eau solaires dans huit communes rurales. Un exemple concret de la façon dont études géophysiques, hydraulique et énergie solaire se complètent.
Les erreurs les plus courantes à éviter
Choisir uniquement sur le prix est sans doute l’erreur la plus fréquente : une installation bon marché mais sous-dimensionnée coûte finalement plus cher, car elle doit être reprise ou complétée. Négliger le stockage en est une autre, les batteries étant souvent le composant le plus sollicité et le plus coûteux à remplacer. Oublier la maintenance pose aussi problème : même un système solaire bien conçu nécessite un entretien régulier, ne serait-ce que le nettoyage des panneaux dans un environnement poussiéreux. Enfin, ignorer les évolutions futures, comme l’ajout d’équipements ou l’extension d’un bâtiment, peut rendre une installation rapidement insuffisante.
Pourquoi passer par un bureau d’études indépendant
L’installateur vend du matériel et de la pose. Le bureau d’études, lui, défend l’intérêt du client : il définit le besoin, compare les solutions, rédige le cahier des charges et contrôle l’exécution. Pour un projet d’une certaine taille, ce regard indépendant sécurise l’investissement.
Créé en 2013 à Bamako, ICRED Mali réunit plus de 17 experts et s’appuie sur un département dédié à l’Énergie et au Génie Électrique. Le bureau est partenaire officiel de Huawei Mali pour le photovoltaïque et a travaillé aux côtés d’acteurs comme EDM S.A., la SNV, HELVETAS ou B2Gold. Au-delà du solaire, il intervient également dans l’eau et l’assainissement, les routes, le bâtiment et les études environnementales.
Comment démarrer
Nul besoin d’avoir un projet entièrement défini pour solliciter un avis. ICRED propose un premier échange simple, directement sur WhatsApp : il suffit de décrire son besoin, la localisation du projet et son état d’avancement pour être orienté vers l’ingénieur compétent.
ICRED Mali SARL, Sogoniko, immeuble Traoré, 2ᵉ étage, Bamako.
Téléphone : (+223) 76 08 58 47, (+223) 72 72 02 75, (+223) 20 20 96 95.
E-mail : contact@icred-mali.com

















