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L’agriculture demeure l’un des secteurs majeurs sur lesquels repose le développement économique du Bénin. À Hillacondji dans la commune de Grand-Popo ce mercredi 22 septembre 2026, dans une zone où le maraîchage occupe une place importante dans les activités génératrices de revenus, des producteurs s’investissent quotidiennement pour approvisionner les marchés en produits agricoles. Parmi eux, Marcellin TOVIGNON s’impose comme l’un des grands producteurs de tomate de la zone, avec une exploitation d’environ 13 hectares consacrée à cette culture.
C’est dans le cadre d’une immersion consacrée à la valorisation de l’agriculture béninoise que l’équipe de KAFOWEB, média engagé dans la promotion des initiatives locales et des acteurs qui contribuent au développement du pays, s’est rendue à Hillacondji ce mercredi 22 septembre 2026. Objectif : aller à la rencontre des grands producteurs de tomate et des maraîchers afin de faire connaître leur travail, leurs performances, leurs contraintes et leurs attentes auprès du public, des partenaires potentiels et des autorités compétentes, notamment le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche.
« La terre ne ment jamais » : une conviction devenue vocation

Au micro de KAFOWEB, Marcellin TOVIGNON a expliqué les motivations qui l’ont conduit à s’investir depuis plusieurs années dans l’agriculture. Pour lui, cette activité dépasse le simple cadre économique. Elle relève d’une véritable vocation.
Il affirme s’être engagé dans l’agriculture parce que cette passion est, selon lui, « innée », et parce qu’il croit profondément à cet adage populaire selon lequel « la terre ne ment jamais ».
Cette conviction l’a conduit à développer progressivement son exploitation et à consacrer aujourd’hui une superficie d’environ 13 hectares à la production de tomate.
Sur son domaine, plusieurs variétés sont cultivées. Parmi celles actuellement observées au stade de récolte figurent notamment la variété Cobra et une variété hybride, dont les performances sont suivies avec attention par le producteur.
De la pépinière à la récolte : 90 jours d’un travail exigeant

La production de tomate nécessite une succession d’étapes qui demandent à la fois des moyens matériels, de la main-d’œuvre, une bonne organisation et un suivi régulier.
De la préparation de la pépinière à la mise en terre, en passant par la préparation des parcelles, l’entretien des plants, les différents traitements et le suivi de la croissance jusqu’à la récolte, le producteur doit mobiliser d’importantes ressources.
Selon Marcellin TOVIGNON, le cycle de production s’étend sur environ 90 jours, soit trois mois, entre la plantation et la récolte.

Après plusieurs semaines de travail, les fruits arrivent progressivement à maturité et l’exploitation entre dans sa phase de récolte. Au regard de la superficie exploitée, le producteur estime pouvoir atteindre au moins 10 000 paniers de tomates à la fin de la saison. Si l’on retient, à titre indicatif, un poids moyen de 20 kg par panier, ce volume représenterait potentiellement environ 200 tonnes de tomates. Cette conversion demeure toutefois une estimation, le poids réel des paniers n’ayant pas été précisé par le producteur.
Une exploitation agricole qui crée des emplois et participe à la stabilité sociale
Au-delà des volumes de production, l’exploitation de Marcellin TOVIGNON constitue également un important espace de création d’emplois saisonniers.
La superficie exploitée nécessite la mobilisation d’une main-d’œuvre importante pour les différentes opérations agricoles, notamment l’entretien des parcelles et surtout la récolte. Des centaines d’hommes et de femmes sont ainsi mobilisés sur le site, avec une rémunération pour leur travail.
Les images prises par l’équipe de KAFOWEB lors de la descente sur le terrain témoignent d’ailleurs de cette forte mobilisation humaine : de nombreux travailleurs étaient présents dans les parcelles, à pied d’œuvre pour procéder à la récolte des tomates arrivées à maturité.
Cette activité agricole dépasse donc la seule production marchande. En procurant des revenus à de nombreux travailleurs et travailleuses, elle contribue également à soutenir les familles, à maintenir des activités économiques locales et, plus largement, à renforcer la stabilité sociale dans la zone.
À travers cet investissement, le producteur participe ainsi à la création de valeur tout en offrant des opportunités de revenus à une importante main-d’œuvre locale.
Du potentiel agricole aux réalités du terrain

Derrière ces chiffres et cette importante production se cachent cependant des difficultés qui peuvent affecter directement le rendement et la rentabilité de l’activité.
Parmi les principales préoccupations soulevées figure d’abord la disponibilité des intrants agricoles. Pour les producteurs, le respect du calendrier agricole est essentiel. Tout retard dans la mise à disposition des intrants peut entraîner des décalages dans le démarrage des travaux et, par conséquent, perturber l’ensemble de la campagne.
La question de la mécanisation agricole, notamment l’accès au tracteur, constitue également une difficulté majeure.
Le tracteur intervient dès les premières étapes de préparation des terres, notamment pour le labour. Or, lorsque plusieurs producteurs doivent se partager les mêmes équipements ou recourir à la location, les délais peuvent s’allonger considérablement. Pour un producteur qui doit respecter une période précise de plantation, quelques semaines de retard peuvent avoir des conséquences importantes sur toute la campagne agricole.
À cela s’ajoutent les préoccupations relatives au financement de la production. Marcellin TOVIGNON appelle notamment à une amélioration des conditions d’accès aux crédits agricoles, en particulier à travers des taux de prêt plus adaptés aux réalités des producteurs.
Il plaide également pour le renforcement des subventions, une intervention plus directe de l’État et une implication accrue des différents projets et programmes susceptibles d’accompagner les acteurs de la filière.
Le changement climatique, une nouvelle équation pour les producteurs
Autre difficulté évoquée au cours de cet entretien : les effets du changement climatique.
Cette saison agricole, selon le producteur, a été perturbée par les variations des conditions climatiques, qui rendent davantage complexe la planification des activités et le maintien d’un rendement optimal.
Pour les producteurs, l’adaptation aux nouvelles réalités climatiques devient ainsi un enjeu incontournable, nécessitant davantage d’accompagnement technique, de moyens et de solutions adaptées.
Transformer davantage au Bénin pour mieux valoriser la production

Au-delà des contraintes liées à la production, Marcellin TOVIGNON soulève une question stratégique pour l’avenir de la filière tomate : la transformation locale.
Avec des volumes importants produits dans différentes zones du pays, l’absence ou l’insuffisance d’unités industrielles capables de transformer une partie de cette production constitue, selon lui, une occasion à mieux exploiter.
Une partie importante de la production peut en effet trouver des débouchés dans les pays voisins, notamment au Nigeria. Pour le producteur, l’enjeu est donc de développer davantage les capacités nationales de transformation afin que la valeur ajoutée issue de la production agricole puisse également être créée et conservée au Bénin.
L’installation d’une usine de transformation de la tomate apparaît ainsi comme l’une des doléances majeures formulées au cours de cet entretien.
Un appel aux autorités et aux partenaires pour consolider les acquis
À travers ces différentes préoccupations, le message du producteur est clair : le potentiel existe, les producteurs sont au travail, mais l’accompagnement doit suivre la dynamique.
La disponibilité des intrants en temps opportun, l’accès aux équipements agricoles et particulièrement aux tracteurs, le renforcement des mécanismes de subvention, l’amélioration des conditions de financement, l’accompagnement technique, l’intervention des projets et la mise en place d’infrastructures de transformation constituent autant de leviers susceptibles de renforcer la compétitivité de la filière.
Cette démarche rejoint les enjeux de développement agricole et de valorisation de la production nationale.
À travers son reportage, KAFOWEB entend ainsi contribuer à rapprocher les réalités du terrain des décideurs, des institutions, des partenaires techniques et financiers ainsi que des investisseurs, en donnant une visibilité aux acteurs qui travaillent directement à la production.
Le média se positionne également comme une plateforme ouverte à la collaboration avec les structures centrales et déconcentrées de l’État, les projets et programmes agricoles, les organisations professionnelles, les investisseurs et les partenaires au développement, afin de mieux documenter et promouvoir les initiatives qui participent à la transformation économique du Bénin.
Marcellin TOVIGNON, un acteur privé engagé dans plusieurs secteurs
L’engagement de Marcellin TOVIGNON ne se limite d’ailleurs pas au secteur agricole. Le producteur est également présenté comme un promoteur du tourisme à travers ses activités hôtelières.
À travers l’agriculture et le tourisme, deux secteurs identifiés comme importants dans les dynamiques de développement du pays, il participe ainsi, en tant qu’acteur privé, à la création de valeur et à la promotion des potentialités nationales.
Son parcours illustre, à son échelle, la possibilité pour les investisseurs et entrepreneurs béninois de s’engager simultanément dans plusieurs secteurs productifs et de contribuer au développement local.
Hillacondji : quand la terre, l’investissement privé et l’ambition nationale se rencontrent
À Hillacondji, les rangées de plants de tomate témoignent du potentiel agricole qui existe lorsque la terre rencontre l’investissement, le travail et l’expertise des producteurs.
Mais elles rappellent également une réalité : derrière chaque récolte se trouvent des investissements importants, des risques, des contraintes climatiques et des besoins en équipements et en financement.
Avec environ 13 hectares de tomates, une production annoncée d’au moins 10 000 paniers en fin de campagne, potentiellement équivalente à environ 200 tonnes sur la base indicative de 20 kg par panier, et un cycle de production d’environ 90 jours, l’exploitation de Marcellin TOVIGNON constitue un exemple concret du potentiel que recèle le maraîchage béninois.
Le reportage réalisé par KAFOWEB se veut donc plus qu’une simple immersion agricole : il entend mettre en lumière le travail des producteurs, valoriser les initiatives privées, faire connaître les difficultés rencontrées sur le terrain et contribuer au dialogue entre les acteurs de la production et les pouvoirs publics.
Car pour que la terre continue de « ne jamais mentir », encore faut-il donner aux hommes et aux femmes qui la travaillent les moyens de produire, de transformer et de mieux valoriser le fruit de leur labeur au Bénin.
Red Chef, Firmin SOWANOU

















