Dans un contexte marqué par les préoccupations sanitaires liées à la circulation du virus Ebola dans la sous-région, la préfecture du Zou intensifie ses actions de sensibilisation à l’endroit des populations. À Za-Kpota, le préfet Dhossou Laurent Zomaï a conduit une séance d’information et de sensibilisation consacrée à la prévention de la maladie à virus Ebola. Cette initiative vise à renforcer la vigilance communautaire et à préparer les populations aux mesures de précaution, notamment à l’approche des fêtes de fin d’année, période caractérisée par d’importants mouvements de personnes entre le Bénin et les pays voisins.
Accueillant la délégation préfectorale, le maire de Za-Kpota, Monsieur Marc AHOSSOUBOCO, a prononcé ses mots de bienvenue avant de saluer cette démarche préventive des autorités administratives et sanitaires. Il a ainsi souligné l’importance de la sensibilisation des communautés face aux risques sanitaires et la nécessité d’une mobilisation collective pour préserver la santé des populations.
➤ Le retour des voyageurs, un enjeu majeur de vigilance et de prévention
Prenant la parole, le préfet Dhossou Laurent Zomaï a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue, particulièrement en raison des déplacements attendus dans les prochaines semaines. Il a notamment attiré l’attention des populations sur le retour des ressortissants béninois résidant au Nigeria, sans pour autant encourager leur stigmatisation.
« Nous sommes ici dans le cadre de la sensibilisation sur le virus Ebola. Cette maladie est dangereuse. Nos enfants sont nombreux au Nigeria et certains s’apprêtent à rentrer au pays dans quelques semaines pour les fêtes de fin d’année. Nous ne faisons pas cette sensibilisation pour qu’ils soient stigmatisés à leur retour, mais pour que les parents et les familles soient suffisamment informés et prennent les dispositions nécessaires », a expliqué l’autorité préfectorale.
Le préfet a ainsi invité les familles à faire preuve de responsabilité et d’attention envers leurs proches de retour de voyage. En cas de manifestation de symptômes inhabituels ou de malaise, il a recommandé de conduire rapidement la personne concernée dans une formation sanitaire pour un diagnostic approprié, plutôt que de recourir à l’automédication ou de banaliser son état de santé.
Pour l’autorité préfectorale, cette démarche préventive constitue un moyen de protéger aussi bien les voyageurs de retour que leurs familles et l’ensemble des communautés d’accueil.
➤ Les acteurs sanitaires éclairent les populations sur les modes de transmission et les mesures de protection
Au cours de la séance, le directeur départemental de la Santé, Winnoc GOUDJO, a apporté des explications sur la maladie à virus Ebola, ses manifestations, ses modes de transmission et les précautions indispensables pour réduire les risques de contamination. Il a notamment évoqué la possibilité d’une confusion entre certains signes initiaux de la maladie et ceux d’autres affections, notamment le paludisme, d’où l’importance d’un recours rapide aux professionnels de santé devant tout symptôme suspect.
Il a également sensibilisé les participants aux risques liés à la consommation de certains animaux sauvages susceptibles d’être infectés, ainsi qu’aux contacts avec les liquides biologiques d’une personne contaminée, notamment la salive, la sueur et l’urine.
De son côté, le coordonnateur départemental du CNLS-TP, le Dr Juvénal AKOHA, a particulièrement insisté sur les précautions à observer face aux dépouilles mortelles. Il a rappelé qu’une personne décédée des suites de la maladie peut encore présenter un risque de transmission du virus. Il a, à cet effet, appelé à une vigilance particulière vis-à-vis des corps provenant du Nigeria ou d’autres zones susceptibles d’être concernées, en soulignant la nécessité d’éviter toute manipulation non sécurisée des dépouilles.
➤ La vigilance communautaire, un rempart essentiel contre la propagation
À l’issue des différentes communications, plusieurs mesures préventives ont été rappelées aux populations. Il s’agit notamment d’éviter la consommation d’animaux sauvages susceptibles d’être infectés, de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, de laver soigneusement les fruits avant leur consommation et de signaler sans délai tout cas suspect aux structures sanitaires compétentes.

Les populations ont également été invitées à sensibiliser les voyageurs, les personnes de retour de l’étranger ainsi que les ressortissants étrangers vivant dans leurs localités, afin que chacun dispose des informations nécessaires. Les relais communautaires, déjà sensibilisés, sont appelés à jouer pleinement leur rôle dans la diffusion des messages de prévention et l’orientation des personnes présentant des signes suspects vers les formations sanitaires.
En clôturant la séance, le préfet Dhossou Laurent Zomaï a exhorté les populations à prendre effectivement en compte les orientations et recommandations formulées par les acteurs sanitaires. Il a particulièrement insisté sur le respect des mesures préventives, la vigilance permanente et le recours aux structures de santé en cas de suspicion.
La délégation préfectorale était composée de Monsieur Nonvidé Rodrigue MICHOWADOU, secrétaire général du département, du directeur départemental de la Santé, Winnoc GOUDJO, du coordonnateur départemental du CNLS-TP, Dr Juvénal AKOHA, ainsi que du directeur départemental de la Police républicaine (DDPR) et du directeur départemental de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (DDAEP).
À Za-Kpota, le message des autorités est sans équivoque : la prévention commence par l’information, la responsabilité individuelle et la vigilance collective. Face aux risques sanitaires, l’anticipation et l’implication de chaque citoyen demeurent des leviers indispensables pour préserver la santé des communautés.















