À mesure que l’échéance de l’élection présidentielle de 2026 approche, la candidature du Ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, continue d’alimenter le débat public. Au cœur des interrogations soulevées par l’opinion et les médias figurent deux préoccupations essentielles : l’éventuelle utilisation des moyens de l’État dans le cadre de sa campagne électorale et la nécessité, ou non, pour lui de démissionner de ses fonctions gouvernementales avant l’entrée dans la période électorale.
Ces préoccupations ont été abordées sans détour par le Secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole de l’Exécutif, Wilfried Léandre Houngbédji, lors d’un échange avec la presse tenu le vendredi 23 janvier 2026 au siège du quotidien Le Matinal.
Dans ses explications, le porte-parole du gouvernement a tenu à rappeler les fondements juridiques qui encadrent la participation d’un membre du gouvernement à une compétition électorale. Il a précisé qu’aucune disposition légale en vigueur au Bénin n’impose à un ministre candidat de démissionner avant l’ouverture officielle de la période électorale. À ce stade, a-t-il insisté, la loi ne fait pas de la démission une obligation pour les membres du gouvernement.
Toutefois, Wilfried Léandre Houngbédji a établi une distinction claire entre les responsabilités politiques et les fonctions administratives. Selon lui, si la loi ne contraint pas les ministres à se retirer immédiatement, elle recommande fortement la mise en retrait des autorités administratives, notamment les préfets, les maires ou d’autres responsables de l’administration territoriale, afin de préserver la neutralité de l’État et l’équité du processus électoral.
Poursuivant son raisonnement, le porte-parole du gouvernement est allé plus loin en s’appuyant sur l’histoire politique récente du Bénin. Il a évoqué le cas des présidents de la République en exercice candidats à leur propre succession, rappelant qu’aucun d’entre eux n’a jamais démissionné de sa fonction présidentielle pour se porter candidat. Pourtant, a-t-il souligné, le pays a connu plusieurs élections présidentielles organisées dans ce contexte sans que cela ne remette en cause la légalité du processus.
Cet exemple vise, selon lui, à démontrer que la candidature à une élection, même majeure, n’entraîne pas automatiquement une rupture avec la fonction exercée, tant que le cadre légal est respecté et que les moyens de l’État ne sont pas détournés à des fins partisanes.
Sur ce dernier point, Wilfried Léandre Houngbédji a été formel : les moyens de l’État ne sauraient être utilisés pour une campagne électorale. Il a assuré que les activités du ministre d’État Romuald Wadagni relèvent strictement de l’exercice normal de ses fonctions gouvernementales et s’inscrivent dans la continuité de l’action publique.
Par cette sortie médiatique, le gouvernement entend dissiper toute confusion, réaffirmer son attachement à l’État de droit et rappeler que la présidentielle de 2026 se déroulera dans le respect des règles démocratiques, de la légalité et de l’équité entre les candidats.

















