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Transition burkinabè : Guy Marius Sagna salue le leadership d’Ibrahim Traoré et suscite de vives critiques de défenseurs des droits humains


Lors d’un point de presse tenu ce lundi 13 mai 2025 à l’ambassade du Burkina Faso à Dakar, le député sénégalais Guy Marius Sagna, également membre du Parlement de la CEDEAO et figure de proue du mouvement FRAPP, a exprimé un soutien appuyé au capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition au Burkina Faso.

Dans une déclaration à tonalité panafricaniste, le parlementaire a salué la rupture opérée par Ouagadougou avec ce qu’il a qualifié de « décennies de putsch néocolonial dirigé par des juntes civiles valets de l’impérialisme ». Dénonçant « la manipulation des terroristes et des séparatistes par les puissances impérialistes », il a revendiqué une filiation idéologique avec l’héritage du président révolutionnaire Thomas Sankara.

Cependant, cette sortie a aussitôt déclenché une salve de réactions critiques. Si certains saluent son discours engagé et son appel à la souveraineté des États africains, d’autres pointent une prise de position jugée unilatérale et méprisante envers les voix dissidentes du Burkina Faso.

Parmi les plus virulents, les proches de Me Guy Hervé Kam, avocat burkinabé emprisonné sous le régime de Traoré, ont dénoncé un double discours. « Guy Marius Sagna a oublié que Me Kam croupit dans les geôles d’IB. Ce même Me Kam qui s’était levé pour défendre Ousmane Sonko au Sénégal », ont-ils déclaré, déçus par l’attitude d’un homme qu’ils considéraient comme solidaire des causes de liberté et de justice à travers le continent.

La polémique a également enflammé les milieux médiatiques et les réseaux sociaux. Plusieurs journalistes et personnalités publiques burkinabés ont jugé la déclaration de Sagna « offensante », voire « insensible » au sort des militants pro-démocratie, qualifiant son soutien au régime de Traoré de « trahison morale ».

Entre engagement panafricain assumé et reproches de complicité avec une gouvernance autoritaire, la sortie du député sénégalais relance le débat sur les contours idéologiques du panafricanisme et les limites du silence face aux dérives internes, même au nom de la lutte contre l’impérialisme.

Auteur

Firmin SOWANOU

Firmin SOWANOU

Directeur de Publication KAFOWEB

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