Le procès opposant la tiktokeuse Florence Kingbo, 21 ans, au Président de la République, Patrice Talon, 67 ans, s’est ouvert ce mardi 3 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), dans un climat marqué par une vive tension. La prévenue est poursuivie par le parquet spécial pour quatre chefs d’accusation liés à des propos jugés outrageants à l’encontre du Chef de l’État.
Dès l’entame de l’audience, la stratégie adoptée par la défense a suscité surprise et controverse. L’avocat de Florence Kingbo a plaidé une altération de l’état mental de sa cliente, avançant l’hypothèse d’un dérèglement psychologique pour expliquer ses prises de parole sur les réseaux sociaux. Une thèse immédiatement rejetée par l’intéressée elle-même.
Face aux juges, la tiktokeuse a fermement refusé d’être présentée comme souffrant d’un quelconque trouble mental, préférant assumer pleinement ses déclarations. Elle a reconnu les faits qui lui sont reprochés, tout en dénonçant ce qu’elle considère comme une application sélective de la justice au Bénin. Selon elle, des propos virulents visant l’ancien président Boni Yayi n’auraient jamais entraîné de poursuites, contrairement à ceux dirigés contre le Président Patrice Talon.
Les échanges parfois tendus entre les différentes parties ont rapidement donné à cette première audience une portée dépassant le strict cadre judiciaire. L’affaire ravive en effet le débat sur la liberté d’expression, l’usage des réseaux sociaux et le rôle de la CRIET dans le traitement des dossiers à connotation politique.
À l’issue de l’audience, la Cour a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 24 mars 2026. Une décision qui a provoqué une réaction vive de Florence Kingbo. Devant les juges, elle a déclaré que « le dossier peut être même renvoyé en 2030 », ajoutant qu’elle se sentait « trop à l’aise en prison », où elle affirmait manger « sept fois par jour ».
Ce renvoi prolonge ainsi une affaire hautement médiatisée, dont l’issue est désormais attendue tant par l’opinion publique que par les défenseurs des libertés numériques et de la liberté d’expression au Bénin.


















