Le créateur de contenus béninois Arsène Kplédo, plus connu sur les réseaux sociaux sous la page « Molly et Billy », a comparu ce jeudi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il est poursuivi pour escroquerie via internet ainsi que pour des publications effectuées dans le contexte de la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025.
Des propos publiés le jour du putsch manqué au cœur des débats
L’audience, tenue en deux phases, a d’abord porté sur les publications du prévenu le jour des événements du 7 décembre 2025. La Cour a notamment évoqué un message dans lequel il écrivait : « Coup d’État qui n’a pas duré deux heures là, je pense que c’est un coup monté pour nous distraire ».
Face aux juges, le tiktokeur a soutenu que son intention n’était pas de politiser la situation, mais d’appeler sa communauté au calme. Il explique avoir été informé des événements à travers les commentaires d’une publication personnelle, notamment une photo de son couple, avant de réagir. Il affirme avoir supprimé le message quelques minutes plus tard, estimant qu’il avait été mal compris.
En début d’audience, Arsène Kplédo a également précisé qu’il est principalement un créateur de contenus axés sur la vie de couple et qu’il ne s’implique pas dans les questions politiques. Une position nuancée par le président de céans, qui lui a fait observer que sa publication pouvait néanmoins revêtir une portée politique. Le prévenu a reconnu cette interprétation possible, tout en réitérant son intention initiale d’apaisement.
Accusations d’escroquerie via internet : des versions contradictoires
La seconde partie de l’audience a été consacrée aux accusations d’escroquerie en ligne. Selon les éléments présentés par la Cour, un client aurait sollicité le tiktokeur pour la création d’un compte monétisé, avant d’effectuer un paiement, sans jamais recevoir le service attendu. Le client aurait ensuite été bloqué, ce que le prévenu conteste.
Pour sa défense, Arsène Kplédo affirme disposer de deux lignes téléphoniques distinctes : l’une destinée à la prise de commandes et l’autre aux livraisons de services. Il soutient n’avoir reçu aucun paiement de la part du plaignant et nie tout blocage volontaire, évoquant plutôt une défaillance technique de son numéro.
Interrogé sur la technique dite « Add », il a expliqué qu’il s’agit d’une méthode de promotion visant à accroître la visibilité et le nombre d’abonnés. Concernant la monétisation des comptes, il a indiqué utiliser une plateforme YouTube basée en Allemagne, avec recours à un VPN uniquement pour la connexion, et non pour la création de comptes destinés à des tiers.
Des soupçons autour de comptes Facebook et des pratiques en ligne contestées
La Cour a également évoqué deux comptes Facebook acquis par le prévenu. Selon les données issues de leur extraction, ces comptes présenteraient des caractéristiques similaires à celles utilisées dans des schémas d’arnaques en ligne. Des accusations fermement rejetées par le tiktokeur, qui affirme n’avoir jamais participé à de telles pratiques frauduleuses.
Une affaire renvoyée au 4 juin 2026
Au terme des débats, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 4 juin 2026 pour la poursuite de l’instruction et des audiences.















