
La recrudescence des accidents graves et mortels enregistrés depuis quelques mois dans la commune de Lalo suscite une vive préoccupation, y compris au sein des gardiens de la tradition. Face à cette situation jugée alarmante, une importante rencontre s’est tenue ce dimanche 12 juillet 2026 au palais royal YENA MONTCHE BO DJLO DE WEWEHOUÉ-HLASSAME de Sa Majesté Dada GANDJÈTO MABÈGBÉ. Elle a rassemblé des dignitaires, des têtes couronnées, des prêtres de Fâ ainsi que plusieurs gardiens des traditions endogènes autour d’un objectif commun : rechercher, à travers les consultations traditionnelles, les causes profondes des accidents récurrents qui endeuillent la commune.
Au cours des échanges, une consultation de Fâ a été organisée afin d’obtenir des éclairages sur cette situation préoccupante. À l’issue de cette séance, le signe « Lètè-Agbonyissa » est apparu. Selon les interprétations livrées par les prêtres de Fâ présents, ce signe renvoie principalement aux accidents à répétition, au recul des valeurs de solidarité et de fraternité entre les citoyens, à la non-considération du prochain ainsi qu’à des questions touchant les personnalités et les responsables de la commune. Les gardiens de la tradition estiment que ces différents éléments constituent des facteurs majeurs nécessitant une prise de conscience collective.
Les consultations ont également fait ressortir un autre aspect jugé déterminant. Selon les révélations issues du Fâ, plusieurs divinités ancestrales auraient été perturbées lors des travaux de construction de la route bitumée reliant Lalo à Dogbo et Lalo à Toffo. D’après les explications fournies, certains fétiches érigés depuis des générations auraient été déplacés, détruits ou obstrués par les travaux de terrassement et les excavations réalisées dans le cadre du chantier routier. Parmi les divinités citées figurent notamment Tolègba, Dan et Sakpata, considérés comme des vodouns majeurs dans plusieurs localités concernées.
Les prêtres de Fâ ont notamment évoqué le cas du vodoun Dan « Wouido-Dan », implanté dans l’arrondissement de Lalo-Centre, ainsi que celui d’un autre Vodoun Dan situé dans la zone de Tchi, qui aurait été détruit au cours des travaux de construction de la voie. Le cas de Lègba, révélé dans la localité de Fandji, a également été mentionné parmi les situations nécessitant une attention particulière au regard des prescriptions du signe apparu.
Au-delà de ces considérations spirituelles, le signe « Lètè-Agbonyissa » appelle également à un retour aux valeurs fondamentales de la société. Les interprètes du Fâ ont insisté sur l’importance de l’amour du prochain, de l’humilité, du respect mutuel et de l’obéissance aux parents. Selon eux, les jeunes générations accorderaient de moins en moins d’attention aux conseils et recommandations de leurs pères, une attitude qui, d’après les révélations issues de la consultation, entraînerait diverses conséquences pour les individus comme pour la communauté.
Les explications fournies vont toutefois au-delà du cadre familial. Les prêtres de Fâ ont indiqué que la notion de « parents » évoquée par le signe englobe également les autorités investies de la gestion de la commune. Dans cette logique, le Fâ recommande que les citoyens respectent les responsables communaux et que ces derniers, en retour, gouvernent dans un esprit d’écoute, de respect et de considération envers les populations. Cette relation réciproque est présentée comme une condition essentielle au maintien de la paix sociale et à une cohabitation harmonieuse entre les gouvernants, les populations et les ancêtres protecteurs de la commune.
Face à l’urgence de la situation, les gardiens de la tradition ont recommandé la mise en œuvre d’un nettoyage spirituel dénommé « Egou-Lolo ». Cette pratique traditionnelle, selon les prescriptions du Fâ, devra parcourir les onze arrondissements de la commune de Lalo. Elle vise à purifier les localités, éloigner les influences spirituelles considérées comme responsables des accidents récurrents et restaurer la quiétude au sein des différentes communautés.
Pour permettre la réalisation rapide de cette opération, un besoin financier urgent de 165 000 francs CFA a été évoqué, soit 15 000 francs CFA par arrondissement. Les participants ont par ailleurs indiqué que d’autres sacrifices ont également été révélés au cours de la consultation. Toutefois, ces derniers seront intégrés aux préparatifs des cérémonies de Houéfa, prévues vers la fin de l’année. En attendant, les gardiens de la tradition considèrent que la priorité demeure l’organisation sans délai du sacrifice lié au nettoyage spirituel recommandé par le Fâ.
Cette rencontre, organisée au palais royal de Sa Majesté Dada GANDJÈTO MABÈGBÉ, a réuni 43 participants, parmi lesquels des dignitaires, des têtes couronnées, des gardiens de la tradition et des prêtres de Fâ. Tous ont réaffirmé leur volonté d’œuvrer, chacun selon ses responsabilités et ses convictions, à la préservation de la paix, de la cohésion sociale et de la sécurité des populations de la commune de Lalo.

SIGNE D’OUVERTURE : LETÈ-AGBONYISSA

SIGNE DE FERMETURE : GOUDA-FLIGBÉ

















