Le feuilleton judiciaire opposant Éric Houndété à sa formation politique, Les Démocrates, connaît un nouveau rebondissement. Initialement prévue le mardi 14 avril 2026, l’audience devant le tribunal de Cotonou a été renvoyée au 16 avril prochain. Ce report intervient dans un climat de fortes tensions internes, alors que la légitimité des décisions issues du Conseil national extraordinaire du parti continue de diviser profondément ses membres.
Au cœur de cette affaire, l’ancien vice-président du parti conteste vigoureusement sa suspension ainsi que celle de plusieurs cadres qui lui sont proches. Éric Houndété dénonce des mesures contraires aux statuts du parti et y voit une manœuvre visant à écarter une frange importante de la direction. Se considérant toujours comme président intérimaire, il entend obtenir de la justice la reconnaissance de ses droits et la réhabilitation de son camp.
En face, l’aile conduite par Nourénou Atchadé défend la légalité des décisions prises. Pour ses partisans, le respect de la discipline interne demeure une exigence fondamentale pour préserver la cohésion du parti. Ils rejettent toute idée de dérive et soutiennent que les sanctions prononcées s’inscrivent dans le cadre normal du fonctionnement des instances dirigeantes.
Ce bras de fer met en lumière des fractures profondes au sein de la principale formation de l’opposition. Entre accusations de dérive autoritaire et appels à la rigueur organisationnelle, le parti Les Démocrates apparaît aujourd’hui divisé en deux blocs difficilement conciliables. Au-delà des rivalités de leadership, cette crise interroge la capacité du parti à se structurer durablement et à incarner une alternative crédible sur la scène politique nationale.
L’audience du 16 avril s’annonce ainsi décisive. Elle pourrait soit entériner les suspensions contestées, soit les remettre en cause, avec des répercussions majeures sur l’équilibre interne du parti. Quel que soit le verdict, cette affaire révèle les fragilités persistantes d’une formation politique confrontée à ses propres contradictions.

















