Conformément aux Programmes d’action du gouvernement (2016-2020 et 2021-2026), le Bénin a adopté une approche ambitieuse pour renforcer son capital humain, mettant un accent particulier sur l’égalité des sexes comme condition essentielle de succès. La protection et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs domestiques figurent parmi les priorités du gouvernement du président Patrice Talon, qui a engagé d’importantes réformes en ce sens.
Une réparation de l’injustice sociale
Traditionnellement sous-payés et privés de protection sociale, les employés domestiques béninois sont longtemps restés dans l’ombre. Leur réalité quotidienne se caractérise par des salaires misérables, l’absence de couverture sociale et des conditions de travail difficiles. Face à cette situation, le gouvernement a pris des mesures fortes pour leur garantir une meilleure reconnaissance et un cadre de travail décent.
Désormais, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) a été relevé de 40 000 à 52 000 francs CFA. De plus, des mesures contraignent les employeurs à déclarer leurs employés domestiques à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), avec une prise en charge des cotisations sociales estimée à un milliard de francs CFA par an par l’État. Ces avancées s’inscrivent dans une stratégie visant à formaliser le travail domestique et à lui conférer une reconnaissance économique et sociale légitime.
La ratification de la Convention 189 de l’OIT en ligne de mire
Le Réseau national des travailleurs domestiques (RNTD) milite activement pour la ratification de la Convention n°189 de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui garantirait des protections accrues à cette catégorie de travailleurs. Actuellement, 99 % des employés domestiques ne sont pas affiliés à la CNSS et 97 % des contrats dans ce secteur restent informels. L’initiative Tradom (« Travail domestique décent au Bénin »), lancée en février 2025, vise à lever les obstacles entravant l’accès des travailleurs domestiques à leurs droits fondamentaux. Elle bénéficie du soutien du gouvernement béninois, de l’OIT, des syndicats et des employeurs.
Un engagement global en faveur de l’égalité des sexes
Au-delà du travail domestique, le Bénin déploie des initiatives pour promouvoir l’égalité des sexes et renforcer l’autonomisation des femmes. Une politique nationale de genre, adoptée depuis 2009, incite notamment à une répartition équitable des tâches domestiques entre hommes et femmes, valorisant ainsi la « masculinité positive ».
Par ailleurs, le programme national pour l’accélération de l’éducation et du bien-être des filles, d’un montant de 94 milliards de francs CFA sur cinq ans, vise à améliorer les compétences des filles non scolarisées ou issues de milieux vulnérables pour favoriser leur autonomisation. En parallèle, le gouvernement a adopté la politique nationale d’alimentation et de nutrition 2024-2033, visant à réduire la malnutrition et à garantir la sécurité alimentaire pour tous.
Une avancée majeure vers la justice sociale
Ces réformes marquent une avancée significative pour le respect des droits des travailleurs domestiques et la lutte contre les inégalités de genre. En consolidant ces mesures, le Bénin se positionne comme un modèle en Afrique pour la protection sociale et l’égalité des chances, favorisant ainsi un développement plus inclusif et équitable.