Depuis l’adoption de la loi sur la chefferie traditionnelle au Bénin, de nombreuses têtes couronnées se succèdent au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou VLAVONOU. Le lundi 24 mars 2025, ce fut au tour de Sa Majesté OBA ILUFEMILOYE, roi de Takon, et de Sa Majesté Bachirou O. AKINOLA, roi d’Itasumba, d’être reçus en audience. À travers cette rencontre, ces souverains ont soumis leurs préoccupations au président de l’institution parlementaire, plaidant pour des ajustements qui leur permettraient de voir leurs royaumes reconnus à leur juste valeur.
Takon réclame son statut de royaume ancestral
Accompagné d’une délégation, l’ancien député et prince royal Firmin BIOKOU a exposé la requête de la cour royale de Takon. Selon lui, le royaume de Takon, dont l’histoire remonte au XVe siècle et qui compte aujourd’hui un 24ᵉ ou 25ᵉ roi, doit être reconnu au même titre que les seize autres royautés officiellement enregistrées.
“Takon n’est ni une jeune royauté ni une simple chefferie. Il s’agit d’un véritable royaume dont la lignée ancestrale est liée à Oyo, au Nigeria. Le président de l’Assemblée nous a écoutés avec bienveillance et nous a rassurés que des corrections seraient apportées pour réparer les éventuelles omissions,” a-t-il déclaré.
Itasumba en quête d’une reconnaissance historique
De son côté, la délégation du roi d’Itasumba a plaidé pour la reconnaissance historique et juridique de leur royaume. Parfait OLOUFADE, conseiller communal à Ifangni et porte-parole de la délégation, a insisté sur la nécessité de rétablir la vérité historique.
“Itasumba, autrefois ‘Ita Ossumba’, signifie ‘le lieu du premier ministre royal’. Malheureusement, lors des enquêtes ayant conduit à la classification des royaumes, notre communauté n’a pas été consultée, et nous avons été écartés des trois catégories prévues par la loi. Si rien n’est fait, ce serait une négation de notre existence même,” a-t-il expliqué.
Face à ces doléances, le président de l’Assemblée nationale s’est montré réceptif et a rassuré les délégations que des ajustements pourraient être envisagés. Cette audience témoigne de l’engagement du Parlement à écouter les préoccupations des rois et des communautés dans la mise en œuvre de cette réforme majeure.